Les vignobles chiliens

La viticulture ne s’est pas arrêtée aux frontières de la patrie tricolore et est cultivée dans le monde. Les facteurs climatiques chiliens sont propices aux cultures et surtout, le Chili est un des seuls pays à être épargné par les 2 maladies majeures des vignobles : le mildiou et le phylloxéra. Le cher cigalou « Marcelin Albert » d’Argeliers se retournerait dans sa tombe en apprenant ça.

Ce sont des prêtres catholiques qui au début du nouveau monde apportèrent et plantèrent les premiers plans de vignes au Chili. Ces premiers plans n’étaient pas reconnus pour leur qualité et ne permettaient donc que la production de vin de table. Bien plus tard furent apportés des cépages français plus qualitatifs comme le cabernet sauvignon ou le merlot. L’arrivée de ces cépages et de vignerons européens améliorèrent grandement la qualité du vin produit.

La viticulture est quasiment partout au centre du Chili ; de la vallée d’Elquí dans le Nord jusqu’au sud et la région de Bio Bío. Et comme en France, elle a connu des hauts et des bas, traversant différentes crises suite à des changements politiques et à des lois visant à réduire la consommation d’alcool chilienne devenue très excessive : 100 litres de vin par an par personne en 1900 selon le Lonely Planet.

J’ai uniquement découvert la vallée de Cochalgua située autour de la ville de Santa Cruz où vit mon cousin. Les vignes sont en excellent état et elles ne sont vieilles. On découvre parfois des parcelles entières replantées. Les vendanges se font pour la plupart à la main. Il faut dire que certaines parcelles de culture sont extrêmement pentues, de plus les rangées ne sont pas prévues pour les machines à vendanger et certaines vignes poussent en espalier.

L’étrange histoire du carmenere

Le carmenere est le cépage chilien à découvrir. Il s’agit d’un ancien cépage bordelais qui a disparu en France durant le 19ème siècle à cause de son faible rendement. Il a été importé au Chili un peu par hasard et planté massivement au 18ème siècle. Mais les vignerons chiliens l’ont planté en le prenant pour du merlot.
Jusqu’en 1994, le carmenere fut donc appelé merlot au Chili. C’est un viticulteur qui fit comparer ses plants avec des plants carmenere français. Grâce à son initiative, les chiliens ont enfin mis le véritable nom de carmenere sur ce cépage. Il est depuis devenu LE cépage chilien. C’est un des seuls endroits au monde où il est encore cultivé. Il a d’ailleurs permis de produire de grands vins chiliens.
Si vous vous trouvez au Chili, il est impossible de le manquer, vous le trouverez sur toutes les bonnes cartes de vins !