Amed, acte 1

J’ai quitté Padangbai après un court séjour là-bas de seulement 2 jours parce que c’était un peu trop la course aux touristes. Je n’aime pas beaucoup qu’on me courre après pour me vendre un sarong, une statue, un collier ou le fameux « transport ». J’avais cette impression de surfait de leur part ! Juste l’envie de prendre de l’argent aux tamu (les touristes). Même une personne sympa avec vous, a toujours cette idée : une touriste, elle est cool mais si je peux me faire un peu de blé, ça serait bien !
Je l’ai bien compris quand lors d’un repas, j’ai voulu demander conseil au serveur pour trouver un transport afin de quitter Padangbai. Sa réponse : « J’ai un motorbike, je peux te conduire si tu veux ». Sauf que lorsqu’il a annoncé son prix, j’ai compris qu’il ne voulait pas m’aider mais se faire du pognon. Pas de problème, je me débrouillerai toute seule. Et je m’en suis bien sortie !
J’ai cherché un lieu de passage des bémos. Un bémo, c’est un mini bus qui relie les villes proches (pas plus de 30 kilomètres à peu prés). Car à Bali, il n’y a pas de véritables transports en commun, une seule compagnie fait de grandes liaisons à un prix fou que seul les touristes fortunés ne peuvent s’offrir. Pour les locaux, il n’y a que des bémos. Je voulais tenter le transport en bémo, ça fait parti du « folklore » balinais. J’ai trouvé un bémo allant en direction d’Amlapura, pour information il faut prendre les bémos de couleur orange. Les bleus allant uniquement en direction de Denpasar.

Le chauffeur ne parlait pas un mot d’anglais, pas pratique ! Surtout qu’un autre gars s’en est mêlé et j’ai compris qu’il essayait de m’embrouiller pour que je paye plus cher. Non, monsieur, je ne veux pas d’un spécial bémo pour moi toute seule, je veux embarquer dans un bémo public. Après d’âpres discussions, on a fini par partir, je m’en sors pour 20 000 Rp. Le chauffeur a bien essayé de me soutirer un peu plus à l’arrivée mais non, désolé tu n’auras que 20 000 Rp, car c’est le prix pour les touristes. Car oui, en étant un tamu (étranger), il faut accepter de payer un peu plus cher que les locaux, c’est comme ça !

Bémo et sac à dosVoyager en bémo, c’est rencontré la population balinaise. J’ai voyagé avec un type qui m’a offert un fruit et un sprite, des agents d’administration (je ne sais pas ce qu’ils font comme travail mais ils portent des uniformes beiges), des écoliers, ou encore des restaurateurs qui ramènent leurs marchandises. C’est vraiment intéressant, et il faut voir leur tête quand ils montent dans le bémo et qu’ils voient une tamu au milieu.

Amlapura, n’était pas conseillé comme ville hôte et je ne savais pas trop où aller sur place. Mais le destin m’a trouvé une autre destination, un autre bémo s’est arreté à ma hauteur pour déposer un passager et le chauffeur m’a demande si j’allais à Amed. Tiens, cest l’endroit que m’a conseillé Adrien, un ami du Fils. Ok, je pars là-bas, bien sur avant il faut négocier le trajet. 40 000 Rp, quoi !! Non, c’est trop cher, j’ai descendu l’affaire à 10 000 Rp et il me dépose à l’hôtel de son choix pour recevoir une commission. Personnellement, je m’en moque, j’ai aucune réservation, je n’ai aucune idée de l’hôtel où je peux aller et s’il a une adresse dans mes prix, c’est parfait ! Ce coup-ci, je passe le voyage assis sur des sacs de riz et des dizaines de fruits et légumes. Comme dirait le Joanda, Pigipi voyage à la Siam ! lol

Province d'AmedÀ Amed, le chauffeur m’a déposé devant un hôtel un peu cher à mon goût car je n’ai pas besoin de la climatisation, ni de la piscine et encore moins du SPA. Il m’amènent à quelques mètres de là dans une famille balinaise. Je loge donc chez l’habitant. La famille a aménagé 2 chambres au fond de son jardin, c’est vraiment luxueux pour le coin. Je le conseille à tout voyageur, il s’agit de la famille d’Amed Kputra dit Komang. Le nom de la maison, c’est la Family House. Car il considère que ses hôtes sont comme des membres de sa famille. Autant vous dire que j’ai été très bien reçue.

Première chose à faire, trouver une connexion Internet pour essayer de faire un virement. Bien sur je n’ai pas pu le faire, heureusement, maman était là ! Deuxième chose, trouver un endroit pour récupérer ce transfert d’argent. Là c’est une autre paire de manche, car à Amed et tout le long de la cote, il n’y a pas de banque ni d’ATM. Il faut retourner à Amlapura…
J’ai laissé tomber pour le premier jour, il était déjà 15h, en me disant que j’irai le lendemain. J’ai donc loué un scooter pour parcourir et découvrir la côte. Premier constat, cette partie de Bali paraît bien plus pauvre que les autres parties de l’île que j’ai pu voir. Il y a quelques hôtels le long de la route mais après quelques kilomètres, il n’y a plus que des petits villages de pêcheurs. J’ai emprunté 2 routes, la première menant aux rizières du volcan Gunung Agung et la seconde suivant la côte. Superbes paysages !
Amed IndonésieAttention si vous vous engagez par là-bas, pensez à faire le plein avant de partir car les stations sont rares ou assez éloignées. Quand je dis « station », n’imaginez pas la station Total ou Elf comme on peut les voir en France. Il y en a bien quelques unes mais seulement sur les principaux axes routiers. Pour les petites routes, on trouve des présentoirs avec des bouteilles de Coca, d’eau ou de Vodka remplies d’essence. C’est une station service. Pour info, un litre d’essence coûte ici moins de 0,50 euros le litre.
En logeant la cote, vous verrez les Jukung, ce sont les bateaux traditionnels, il y en a des dizaines sur les plages. Cette partie de l’île n’est pas (encore) entrée dans le tourisme de masse, c’est tant mieux mais il est évident que ça offrirait plus de ressources aux locaux. Les habitants ont peu de moyens, on est bien loins de Kuta (le coin le plus touristique de l’île). Amed, c’est un autre fonctionnement à Bali, pas d’administration balinaise et le temps semble s’écouler tranquillement.

IMG_0878En rentrant, j’ai offert quelques bonbons aux enfants d’Amed. Il a 3 filles dont un bébé. Les 2 plus âgées sont adorables et elles ont très vite voulu jouer avec tamu. Pas facile de se comprendre, elles ne vont pas à l’école (je ne sais pas si c’est parce que l’école est payante ou parce qu’on y accède à un âge plus avancé, ou autre), elles ne parlent pas anglais en dehors de Hello et thank you. Il a donc fallu trouver des jeux sans parole, les ombres chinoises étaient parfaites ! et bien sur la TV, où on a regardé un dessin animé fait pour Aline ! Des moutons qui contrôlent une ferme et font des misères aux cochons. J’y pense maintenant mais ça doit être un dessin animé musulman lol ! Pour info, la population indonésienne est en majorité musulmane sauf à Bali où 98% de la population est hindoue. C’est bien entendu une source de conflits !
J’ai voulu observé comment la mère préparait le repas mais elle a refusé. Comme si sa manière de cuisiner n’était pas digne pour que je le vois. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Ils ne veulent pas trop qu’on voit leur manière de vivre. Je ne crois pas que ça soit par pudeur mais plus par peur de décevoir. Ils passent leur temps à me dire « Sorry » car ils n’ont que du riz blanc à me proposer pour les repas.