Amed, acte 2

Toujours dans la famille d’Amed, et c’est difficile de tout laisser pour aller ailleurs. Je le sais pourtant, il ne faut jamais rester plus de 3 jours au même endroit sinon on n’en repart jamais. Trop tard, ça fait 4 jours que je suis là !
Je visite les environs entre temples, randonnées et snorkeling. À Amed et grâce aux conseils de la famille, je sympathise avec les locaux. Je suis devenue une habituée de certains endroits et je suis Jiji qui loge chez Komang. Ils me font goûter à toute sorte de plats du Mie Goreng (nouilles sautées avec un œuf dessus), Nasi Goreng (riz frit avec légumes, poulet ou porc, et œuf) au Jaja (une pâtisserie sucrée). Je mange tous les soirs avec la famille, je vois bien qu’ils n’ont pas beaucoup de moyens, le repas est constitué d’un bol de riz blanc avec soit quelques morceaux de poulet soit des légumes. Ils m’offrent toujours plus à manger, ce qui me gêne car je n’ai pas besoin de tant que ça. En retour, je ramène des biscuits ou du Coca aux petites. On joue tous les soirs et la plus grande essaye de communiquer par tous les moyens. On a trouvé un moyen simple d’apprendre l’anglais et l’indonésien : les livres et le dessin. Elle me montre une tortue, me donne le nom en indonésien et moi je lui réponds en anglais. Mon vocabulaire indonésien a donc progressé. Me voilà capable de dire café – kopi, bière – bir, voiture – mobil, soir – malam, poisson – ikan, banane – pisang, pomme – apel, poulet – ayam, canard – bebek, épinard – bayam, œuf – telur, riz – nasi ou encore pastèque – semangka.

DSC_1809J’ai enfin compris la signification des prénoms à Bali… Lors de mon premier passage dans un Western Union, la personne qui m’avait servi, m’avait questionné sur l’usage des multiples prénoms en France. Elle m’avait expliqué qu’à Bali, chaque prénom était indispensable car ils définissaient la personne. En fait, les balinais possèdent un prénom traditionnel auquel s’ajoutent des noms reflétant la vie de la personne. On ajoute devant les prénoms un I pour les garçons et un Ni pour les filles. Ainsi mon hébergeur s’appelle I Kputra Amed Komang. Kputra est son prénom, Amed son nom et Komang son « surnom ». Je crois que ça signifie « enfant » ou « bébé », il est peut-être le dernier enfant de sa famille !?
Concernant la vie familiale, tout se passe paisiblement à Amed, no stress. Les « maisons » balinaises, appelées enclos familial, se définissent différemment de notre conception de l’habitat européen. La maison balinaise est repliée sur elle-même, entourée d’un haut mur qui permet de se protéger des démons. En fait, tout est centré sur un jardin entouré de plusieurs petits bâtiments ayant chacun une fonction bien précise. Il y a le temple familial avec ses autels voués à différentes divinités, les chambres (un bâtiment par chambre), la salle de bain commune, un pavillon pour accueillir des invités.
Les balinais vivent à l’extérieur de ces bâtiments, les salles communes sont en fait le jardin et les petites terrasses. Dans la famille où j’étais, la télévision était posée sur la terrasse qui servait à la fois de coin repas et de coin discussion. La salle de bain était commune avec plusieurs autres familles. Les gens défilaient le matin et le soir pour prendre une douche.

J’ai exploré tous les points snorkeling de la côte dont le Coral Hotel et le Japanese point. Et je suis aussi allée à Tulamben connue pour son épave du Liberty, un navire américain de la seconde guerre mondiale échoué à quelques mètres de la plage. Pour la petite histoire, le navire ne fût pas coulé à Bali mais torpillé au large de Lombok par un sous marin japonais. Le navire fût remorqué afin de récupérer sa cargaison puis abandonné sur la plage de Tulamben. Il resta en l’état jusqu’à l’éruption du Gunung Agung en 1963 où une coulée de lave le poussa en mer. Il fait désormais le bonheur des plongeurs. Sa coque est couverte de coraux ! On peut même voir certains canons.

Gunung LepuyangJ’ai aussi passé deux matinées à grimper le Gunung Lempuyang. Deux expéditions, la première pour rejoindre une série de temples dont le Pura Lempuyar. Je pense qu’il s’agit de la série de temples dont me parlait Adrien sur Facebook. Je m’y suis pointée à 8h, histoire de commencer avant la grosse chaleur. J’ai opté pour le long parcours de 4 heures, car il y avait une cérémonie hindoue dans le temple le plus éloigné. J’ai suivi des dizaines de balinais chargés comme des bœufs d’offrandes et grimpant pour les déposer dans les différents temples. Dans ce temple le plus à l’Est, c’est un orchestre traditionnel balinais qui jouait un gamelan. C’est un ensemble de percussions composées de gangsa (une forme de xylophone), des gongs, des cymbales, des flûtes…
Puis, j’ai rejoint le premier parcours en passant par la jungle. L’ascension se termine par les 1700 marches menant au Pura Lempuyar qui se trouve quasiment au sommet. Il fait parti des 9 temples directionnels de Bali. La vue est surprenante, une fois qu’on arrive en haut ! On peut voir à la fois, les rizières, les autres volcans et la côte d’Amed.
La deuxième matinée, j’ai grimpé le volcan par un autre flan plus proche d’Amed. Je suis partie avec 2 guides : les enfants du village voulant marcher avec tamu. Les locaux sont toujours de bons guides et avec les enfants, c’est toujours sympa. On a grimpé par un petit chemin jusqu’à croiser des locaux menant leurs vaches dans des prés proches des rizières ou fauchant l’herbe pour la donner à leurs bêtes.

Tirta GanggaJ’ai aussi fait halte à Tirta Gangga, située à quelques kilomètres d’Amlapura. On peut y voir un temple sacré et un palais aquatique construit en 1948 par le raja d’Amlapura : le Taman Tirta Gangga. Il possède de nombreux bassins et 2 bassins piscines où l’on peut se baigner. Taman Tirta Gangga est entouré de rizières bien vertes, on y fait de jolis clichés.

Avant de quitter Amed, je voulais offrir un bon repas à la famille qui me loge. J’ai donc investi dans du poisson frais acheté directement aux pêcheurs revenant du large. Tu choisis le poisson qui git au fond du bateau. Et j’ai apporté de quoi faire un petit apéro : bières indonésiennes et soda pour les enfants. On a cuisiné tout ça au barbecue, ils ont fait une sauce délicieuse pour accompagner le poisson à partir d’oignons, de piments, de citron, etc. La soirée s’est terminée autour de mon ordinateur où j’ai fait défiler les photos et vidéos de la famille. Il me faudra les leur envoyer sur un CD pour qu’ils puissent les regarder sur leur TV.