Malacca - Chinatown

Malacca, l’européenne

Me voici dans la ville de Malacca, enfin on l’appelle Melaka en malaisien. Une sacrée ville dont l’Histoire est beaucoup plus importante que celle de Kuala Lumpur. Malacca a été l’un des plus grands ports d’Orient, usant de sa liaison avec la mer pour réaliser du commerce international, même si avec le temps Singapour lui a volé la vedette. Du coup, le commerce maritime a quasiment disparu à Malacca pour être remplacer par l’exploitation agricole des terres.

En quittant l’île de Tioman, j’ai fait un long voyage en bus pour rejoindre Malacca. Un voyage dans un vieux bus rempli d’étudiants rentrant chez eux pour le weekend. Un trajet d’une durée de 5h sans pause pipi, ce fût très long. Un bus qui nous a diffusé une sorte de film chinois sur la maltraitance des éléphants, vengés par un chinois hyper doué en kung-fu. Le film a eu le temps de passer au mois 4 fois en boucle. J’ai pas trop suivi, c’était en chinois sous-titré malaisien ! Finalement, je suis arrivée à Malacca, entière, à 22h, sans réservation. Je me suis retrouvée avec 2 suédois dans la même situation que moi, on s’est fait accoster par un chinois, propriétaire d’une guesthouse. Je me rappelais de son nom, je l’avais vu dans le Lonely Planet, on a donc partagé les frais de taxi pour rejoindre cet hôtel. Ce n’est pas le grand luxe mais c’est propre et calme. Pour info, il s’agit de l’Easthern Hotel, situé à l’extérieur de Little India.

Petit retour historique sur l’Histoire de Malacca, au XIVème siècle, la ville n’était qu’un simple village de pêcheurs. Puis le village s’est étendu avant de devenir un port d’escale pour les navires marchands, pouvant ainsi faire une halte en Asie du Sud-Est. Son positionnement géographique entre l’Indonésie, l’Inde et la Chine lui a permis de s’imposer comme port. Les portugais débarquèrent en 1509, ils cherchaient un point d’attache pour rapporter des épices en Europe. Après un excellent accueil, les malaccais attaquèrent les portugais, la riposte fût terrible et le portugais Alfonso de Albuquerque s’empara de la ville en 1511. La ville construit alors des bâtiments de style européen et bien entendu, on commence l’évangélisation de la population dont la religion officielle était l’Islam. Arrive petit à petit le déclin de Malacca, port beaucoup trop concurrencé par d’autres villes limitrophes détenues par les hollandais. Ces derniers récupèrent la ville en 1641 après un siège de 8 mois. Et ils y resteront pendant plus d’un siècle. Alors que la France occupe la Hollande en 1805, ce sont les anglais, alliés des hollandais, qui récupère Malacca. En 1824, les hollandais cèdent définitivement Malacca aux britanniques. Ces multiples occupations européennes lui ont donné une architecture totalement différente des autres villes de la Malaisie.

Malacca est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008. J’ai été surprise par le nombre de touristes présents mais on peut comprendre leur intérêt car sincèrement, la ville est splendide. Je crois que Malacca sera mon coup de cœur citadin en Malaisie. Le cœur historique est sympathique, et il est prévu pour les piétons, une première pour moi en Malaisie. Il y a des rues piétonnes… Quel plaisir de se promener sans avoir à vérifier qu’un véhicule ne va pas vous écraser. Autre atout, la ville est propre, pas de déchets à tous les coins de rue. Elle est aussi énormément surveillée, on voit des policiers partout, c’est certainement lié au nombre de touristes car je n’ai ressenti aucun problème de sécurité. Le NY Times a raison de conseiller Malacca dans son top 40 des choses à voir. Et je ne pense pas me tromper en disant que Malacca est la Montpellier Malaisienne. Je suis simplement de passage et n’y ai pas vécu mais la ville a l’air assez dynamique.

DSC_0882Il y a des musées partout, à tel point qu’il faut correctement les choisir, sinon on passerait son temps à les découvrir. Je me suis laissée tenter par le musée maritime qui se trouve dans une reconstitution du Flora de la Mar, un bateau qui sombra au large de Malacca. Et j’ai aussi découvert le musée de l’indépendance de la Malaisie, on apprend tout de A à Z, bien sur il faut aimer l’Histoire. Sinon c’est barbant ! Et plusieurs sites gratuits datant de l’époque portugaise et hollandaise. Comme la Porta de Santiago ou A’Famosa, qui date de 1511, construite par les portugais. Le Stadthuys qui est l’hôtel de ville avec sa couleur rose, il a été construit par les hollandais. L’église St-Paul, un sanctuaire de 1521, elle est perchée au sommet d’une colline. À l’intérieur, on peut y voir d’anciennes tombes sculptées de nobles hollandais.
Le Chinatown est propre, le plus propre que j’ai pu voir dans n’importe quelle ville du monde. Alors qu’à NY, Penang, Paris, Kuala Lumpur… j’ai trouvé les Chinatown carrément dégueulasses, ici il est clean. Pas de cafards ou de rats qui traversent la rue en courant, pas de putes qui font le tapin, pas de vieux magasins tout pourris où on a peur de choper la « torista ». À Malacca, 2 grandes rues cleans avec des magasins et restaurants propres (enfin qui ont l’air propres).
Il est immense, animé et en plus, coup de chance, je tombe en plein pendant le marché de nuit appelé le Jonker Walk. Ce marché est bondé, et le mot est juste, on dirait les rues pendant la féria. On y trouve des stands de gadgets et de nourriture. Tatave aurait adoré les raviolis chinois, à 1 euro les 6. Je m’en suis pris une barquette, yum yum ! Y a aussi des concerts, un peu fort et un peu trop chinois pour moi. Faut arriver à se frayer un passage dans toute cette foule, heureusement j’ai l’expérience féria, et je sais quand il faut contracter l’épaule ou écarter les ailes !! Certains chinois ont trop laissé trainer l’épaule, ils ont pris un petit coup ! Oooh sorry !
TrishawIl y a aussi de nombreux temples dont le plus ancien temple traditionnel chinois de Malaisie (1646) appelé Cheng Hoon Teng. Beaucoup d’animations à l’intérieur, il est dédié à la déesse de la Miséricorde. Juste à côté la plus vieille mosquée en activité de Malaisie, la Kampung Kling. J’ai vu plusieurs autres petits temples chinois mais ils sont moins jolis que le premier.
Ce qui m’a le plus surpris, ce sont les trishaw malaccais. Les trishaw, ce sont des taxis vélo comme les tuk tuk. J’en avais vu à Penang, mais ici ils sont magiques… Décorés avec d’énormes fleurs, ils en deviennent horriblement kitchs et c’est ce qui fait leur charme. Ils clignotent même la nuit grâce à des guirlandes multicolores. Et surtout ils sont sonorisés, chaque trishaw possède sa sono avec son style musical : techno, rock, latino… Ils ont de grosses enceintes à l’arrière et te promènent avec le son au maximum. Ça anime les rues de Malacca toute cette musique, j’ai entendu du Queen, the Eagles, Floorfila, David Guetta, Black Eyed Peace, Shakira ou encore Oasis.

J’ai aussi mis les pieds dans le centre commercial de Padang Pahlawan. Je vous disais la dernière fois, alors que j’étais à Penang, que les centres commerciaux ne m’impressionnaient plus. Mais, celui là, est tout de même impressionnant. Il fait des kilomètres de longueur, je ne l’ai pas fait en entier tellement il est énorme. Et il y a de tout, ça ressemble à un centre commercial américain sauf qu’en plus des grandes marques américaines, il y a les marques Malaisiennes/chinoises/indiennes. Ça donne un mélange assez particulier, Adidas est à côté d’un vendeur de voile. Et ce coup-ci, je n’ai pas eu l’impression que ça soit du faux ! D’ailleurs la langue française doit être appréciée en Asie car on trouve beaucoup de tee shirts avec des slogans français. Parfois on se demande ce qu’ils ont voulu faire, j’ai vu à Kuala Lumpur, un jeune portant un tee shirt avec écrit « mobylette » dessus. Euh oui mais quel intérêt ? Les malaisiens adorent aussi porter des tee shirts à l’effigie de leur marque préférée. Du genre, ils vont porter des tee shirts Heineken, Monster, M. Patate, Starbuck, etc. Personnellement, si je porte un tee Kronenbourg, ça serait plutôt dans le cadre de la féria et surtout je crois que je ne payerai pas pour l’avoir, il faut me l’offrir ! Hum, message subliminal pour John et Julien, mettez-moi de côté un tee St-Patrick ;). Aline et Tatave, je compte sur vous pour me le récupérer, et puis c’est pas la tournée de Jacques là ! lpl

Dernière chose, les malaisiens adorent le football, ça doit être leur sport préféré. Alors je ne sais même pas s’il y a une ligue Malaisienne, car ils ne regardent que la première league anglaise. Du Manchester United, Chelsea, Arsenal de partout !! Ils vendent des maillots d’Arsenal floqués Henry, je n’ai pas vu la fin de son retour à Arsenal mais ici ça doit être le leader en vente de maillots d’Arsenal. Alors qu’il a fait un intérim de quelques semaines seulement en Angleterre. En dehors de ces clubs anglais, seul l’Inter de Milan et le Barça sont présents. Je ne vous raconte même pas, le nombre de fois où après m’avoir demandé d’où je venais, on m’a dit « Oooh France, Zidane, Henry, Benzema… Good players ! » Pas de rugby à la ronde, enfin pas à la TV, mais j’ai vu des terrains et une école en train de jouer à Ipoh.

J’en ai profité pour checker mes emails au Starbuck, merci les américains de laisser votre wifi en libre accès. J’ai aussi réfléchi à mon futur parcours, et j’hésite… Je sais que Laurie (une ancienne coloc de Montréal) sera à Singapour à partir du 23 avril. Ne l’ayant pas vu depuis 5 ans, car elle vit à Miami, je vais faire en sorte d’être à Singapour à ce moment là. Mon dilemme est le suivant, dois-je passer par Singapour pour rejoindre Bali en avion ? ou dois-je rejoindre Bali en repassant par Kuala Lumpur ?
Je pensais pouvoir rejoindre Bali depuis Malacca, mais il n’y a pas de liaison aérienne vers Bali. L’aéroport a l’air tout petit, il ne propose que 2 destinations. Je réfléchis encore à ce que je vais faire. Je n’ai pas trop envie de retourner à Kuala Lumpur, je n’aime pas trop cette ville. Je pense choisir un transit par Singapour, même si ça risque de me coûter un peu plus cher. Ça signifie le bus entre Malacca et Singapour, 2 nuits sur Singapour et ensuite un vol pour Bali.

[EDIT] Je ne vous raconte pas le bordel pour réserver mon billet d’avion. Ma grosse saloperie de banque française vérifie désormais mes achats sur Internet en passant Verfied Visa. Et bien entendu pour confirmer mes achats, j’ai besoin d’un téléphone portable ! Sauf que j’en ai pas !