Une journée dans une université malaisienne

Comme je vous l’ai dit précédemment, j’ai rencontré un jeune étudiant étranger qui m’a expliqué le fonctionnement des universités en Malaisie. On va parler ici des universités privées qui réclament une grosse somme d’argent pour étudier, entre 5000 et 10 000 $ (US) par année. Ce sont des universités flambant neuves avec des campus flambant neufs, elles sont récentes et accueillent en majorité des étudiants étrangers. Les étudiants malais sont peu nombreux à en profiter, la plupart ne peuvent pas se payer ce type d’université et vont donc dans des universités publiques. Un peu comme en France, sauf qu’en France dans les écoles privées, il y a quand même une belle présence de français. Les rares malais qui profitent de ces universités reçoivent une bourse qui leur paye la totalité des frais scolaires et extra scolaires (appartement, repas, etc.). Ils sont logés dans les même campus, sauf qu’ils sont aux derniers étages des bâtiments et que leurs appartements n’ont ni climatisation ni air conditionné. Le reste des étudiants sont des africains (Nigeria, Guinée, Gabon…), des indiens (Inde, Sri Lanka), des étudiants de l’ex-URSS (Turkménistan, Kazakhstan, Uzbekistan…) ou des chinois. Tous issus des meilleures classes sociales de leur pays, fils de ministre, fils de chef d’entreprise grandissante, fils de collaborateur du président… Ils étudient le commerce international, le design, le marketing, l’import/export… Tous ces cursus hypers à la mode !
Ce fût une journée d’étude des relations sociales entre toutes ces nationalités. Et comme un peu partout, les africains côtoient les africains, les chinois restent entre chinois, etc. Sur la terrasse d’un des campus, ils étaient un bon nombre assis à des tables et chacune d’entre elles possédait sa nationalité ou sa position géographique (Afrique, Chine, ex-URSS). Ils se saluent mais ne se côtoient pas vraiment.

Ici, on paye ses études une petite fortune, le fonctionnement est le même que dans des universités anglophones. On choisit 32 UE réparties sur plusieurs années pour obtenir sa licence. Et on peut même rattraper le coup si on loupe une UE. Il m’a expliqué que lorsqu’on avait moins de 10 dans une UE, normalement on ne pouvait pas renouveler son visa d’étude. Sauf si l’on sort quelques billets de sous le manteau et qu’on les adresse à la bonne personne. Une forme de corruption assez courante en Malaisie puisqu’à priori cela fonctionne aussi pour toute autre difficulté notamment avec la police. Les étudiants ne s’occupent pas de leurs visas, ils font une demande d’inscription à l’Université et c’est celle-ci qui s’occupe de tout. Je me rappelle avoir été aidée dans la conception de mon dossier pour ma demande de visa étudiant canadien, mais c’est moi-même qui ai envoyé tous les papiers et j’ai même du les avoir par téléphone afin de vérifier mon identité. Là non c’est le système du : « j’achète et on s’occupe de moi ».

Une journée dans le milieu et j’ai été l’attraction de la journée. Personne ne te parle réellement mais tout le monde se demande ce que fait une caucasienne par ici ? Certains ont cru que je venais étudier moi aussi…