A la recherche de la carte perdue

Cela pourrait être le nom d’un Indiana Jones, même si notre cher héros américain a déjà était à la recherche du temple perdu. Mais ce coup-ci, le héros n’est pas Indiana Jones mais Pigipi. Je n’avais ni fouet ni chapeau mais je suis partie à la recherche de la carte perdue. Pas une carte indiquant le trésor de Rackham le Rouge mais une carte … bleue. De suite, ça fait moins aventurier et pourtant je vous jure que si on remplace tous les éléments du 20ème siècle par des éléments du 19ème, ça marcherait.

Un bref rappel des faits… Comme vous le savez, je me suis fait piratée la carte bleue, apparemment en Indonésie. Chose bizarre, j’ai retiré une seule fois là-bas, dans un ATM de l’aéroport. Ça n’inspire pas confiance hein ! J’ai du la faire bloquer, enfin ma maman a du la faire bloquer. Sauf que bien entendu ma foutue banque a oublié de la bloquer et que du coup le pirate a poursuivi ses achats tranquillement pendant une bonne semaine.

Une fois bloquée, il a fallu en commander une nouvelle. Que ma banque a refusé de m’envoyer en Asie, bien trop dangereux pour eux… Ne prenez pas de risques mes chers banquiers et laissez moi dans la panade !! Bande de lâches, traîtres, flibustiers, marins d’eau douce… Du coup, c’est ma maman qui a pris ce risque pour eux. Elle a opté pour Chronopost International, un choix judicieux lorsqu’on connaît l’entreprise. Et bien non, il faut rajouter un « ou pas ».

Nous avions pourtant tous les éléments en main pour envoyer un colis à Singapour et le récupérer à mon retour d’Indonésie. Le père de Laurie, une ancienne coloc de Montréal, avait gentiment accepté de la recevoir chez lui et de me la garder. Sa sympathie n’aura servi à rien, la carte n’aura jamais vu sa boîte aux lettres. Je suis donc arrivée à Singapour le 18 avril et la carte était … perdue quelque part mais où ?
Voilà la liste d’indices que j’avais en ma possession :

  • Indice 1 : Le suivi du colis : la carte a quitté la France le 4 avril et a atterri à Singapour le 7 avril.
  • Indice 2 : Le suivi de la livraison à Singapour. La carte a (peut-être) voyagé à Singapour où d’après le suivi, le livreur n’a pas eu le temps de la livrer le 6, puis il a retardé la livraison et le 8 il n’aurait pas trouvé l’adresse.
  • Indice 3 : Le numéro d’expédition en France qui me permet de suivre plus ou moins l’état du colis.
  • Indice 4 : Le numéro de téléphone de Chronopost.

Et les outils me permettant d’arriver à mes fins :

  • Outil 1 : Mon MBP et Internet (lorsque je trouve une connexion Wifi)
  • Outil 2 : Skype (pour téléphoner)
  • Outil 3 : Ma maman (lol)
  • Outil 4 : mon iPhone et son forfait français qui coûte un bras à Singapour.

C’est tout.

Ok, c’est pas grand chose mais c’est déjà mieux que rien. L’élément numéro 1 semble indiquer que la carte serait à Singapour. Sauf que le papa de Laurie avait commencé lui aussi des investigations de son côté et a trouvé un autre site montrant que la carte aurait fait une halte à Singapour avant de repartir en Allemagne pour revenir à Singapour. Ils ne sont pas très économiques en fioul chez Chronopost. Ce site indiquait le numéro de dépôt 7218. Ça sera l’indice numéro 5.

J’ai un numéro de dépôt mais je ne sais pas où il est. Le papa de Laurie avait appelé le transporteur singapourien SpeedPost qui n’avait pas trouvé le colis et l’avait redirigé vers Chronopost International. J’ai donc fouillé de ce côté en utilisant l’outil numéro 1 : Internet, et il se trouve que j’étais juste à côté du siège central de la Poste à Singapour et SpeedPost semble y être rattaché. Au culot, je me pointe là-bas et demande s’ils n’auraient pas un indice numéro 6. Les guichetières très gentilles n’avaient malheureusement aucun indice pour moi et m’ont confirmé que je faisais fausse route. SpeedPost ne travaille pas avec Chronopost.

J’ai choisi une mauvaise direction, allez je repose mes indices sur la table, et je sors l’indice numéro 4 : le numéro de téléphone de Chronopost. Je vais auparavant sur leur site, avec l’outil numéro 1, où bien sur il n’y a strictement rien d’intéressant. J’utilise l’outil numéro 2 : Skype pour joindre Chronopost. Bip Bip !! Putain encore un maudit répondeur, je tente ma chance, d’ailleurs je précise que c’est la première fois de ma vie qu’un ordinateur comprend aussi bien ce que je lui ai dit, il ne m’a pas demandé une seule fois de répéter parce qu’il ne comprenait rien (à cause de mon accent sudiste). Oui j’ai déjà essayé d’appeler le pôle emploi de cette manière et la seule chose que l’ordinateur me répondait, c’était : « Je n’ai pas compris votre demande ». J’avais fini par l’insulter copieusement et avais joué une bonne demi heure à essayer de prendre l’accent parisien. Revenons à notre carte… Je donne le numéro de suivi de mon colis ou indice numéro 4 et le répondeur m’annonce que le colis est à Singapour au dépôt 7218. Ok je n’ai pas avancé. J’ai essayé d’avoir un conseiller en ligne mais ça raccrochait à chaque opération.
Allez on utilise l’outil numéro 3 : Maman lol couplé à l’outil numéro 2 (Skype). Maman peux-tu appeler (encore) Chronopost pour savoir où se trouve le dépôt 7218 ? Elle appelle et obtient un nouvel indice : une adresse postale – THE Changi Sauch Street 1 Singapour. Et un numéro de téléphone. Ok, je prends l’outil 1 (MBP + Internet) pour aller sur Google Maps, je tape l’adresse ça n’existe pas. Fuck !

J’opte pour Google et tape le numéro de téléphone, ça me sort une entreprise locale de livraison qui n’a pas de site mais une vieille page avec une adresse, un numéro de téléphone et un email. Il est malheureusement trop tard pour appeler. J’envoie un email en leur demandant de me rappeler soit sur mon portable français soit sur le portable du papa de Laurie.

Lendemain matin, je me décide à aller directement à l’adresse de l’entreprise. Allez, on ressort l’outil 1 (MBP + Internet), on traque l’adresse, on fait une mémoire visuelle du chemin, on note la station de métro la plus proche et on repart. Direction le métro Expo. Arrivée sur place, la carte du métro est trop petite pour m’indiquer la bonne rue, je sors l’outil 4 : mon iPhone et son GPS. Et je marche sur disons 3 à 4 kilomètres au milieu de rues bordées de grandes entreprises répondant aux noms d’IBM, HP … puis commencent à apparaître des dépôts dont UPS, FedEx, NHL… Mais pas le mien !! Arrrg… Et finalement, un kilomètre plus loin, je vois enfin le bon panneau !!

J’entre, un vieux monsieur à l’accueil me demandant ce que je fais ici. J’explique et il me dit mais on ne retire pas les colis ici, on les livre. Euh oui mais est-ce qu’à un moment donné, vous avez l’intention de livrer le mien ?
Il appelle une bonne femme qu’il me passe par téléphone, et c’est parti, je réexplique tout du début. Elle me dit mais vous êtes à l’accueil, bé oui co******e, tu crois que je suis où à Starbucks ?! Elle daigne enfin descendre pour venir me voir et allez je recommence, je réexplique tout du début. Elle me demande l’indice numéro 4, mais ça ne lui convient pas car c’est le numéro de suivi français et pas singapourien. L’outil numéro 3 m’avait donné un autre numéro que je sors mais qui ne correspond à rien lui aussi chez eux. Je lui dis mais c’est bien ici le dépôt 7218 (indice numéro 5). Elle me répond que oui, alors j’ai dit « Je bouge pas, le colis est ici, cherchez-le ». Elle repart dans son dépôt et revient au bout de 20 minutes avec le colis… Elle me sort un truc du genre « On avait prévu de le livrer cet après-midi ». Mais bien sur, je suis là et vous aviez prévu de le livrer cet après-midi alors qu’il est là depuis le 9 avril. Il ne manquait que la marmotte derrière elle en train d’emballer le chocolat dans du papier d’alu !

Mais avant de l’avoir entre mes mains, il faut en plus que je dise qui je suis. Alors là, elle abuse, y a mon nom dessus et t’as mon passeport, ça suffit non. Une fois que je lui ai eu expliqué que son boulot c’était de livrer les colis et pas de faire déplacer les gens dans son dépôt perdu au fin fond de Singapour, elle me l’a donné. Hourra !

Mission terminée retour au MI : 6.