Entourloupes à la frontière

Nous le savions cette journée allait être un calvaire entre les trajets en bus et le passage de la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge par Aranyaprathet – Poipet… C’est surtout les entourloupes qui entourent le passage de cette frontière qui posent généralement problème.

Pas besoin d’aller plus loin qu’Internet, il suffit de faire une petite recherche sur Google en tapant « frontière d’Aranyaprathet Poipet » pour découvrir des centaines de récits dans toutes les langues du monde de personnes mécontentes. Les arnaques sont fréquentes et tous les guides y font référence… Un système bien rodé et toléré par les différents gouvernements.

En ce qui nous concerne la première entourloupe s’est déroulée à Bangkok. Nous avons pris le métro pour rejoindre la station Chatuchak, la plus proche de la gare routière permettant de prendre un bus qui va jusqu’à la frontière cambodgienne. Sauf qu’une fois sortie de la station de métro, impossible de savoir quelle direction prendre ! J’ai bien essayé de demander le chemin à des locaux, personne ne parlait anglais et les gens étaient plus pressés qu’autre chose. On a donc arrêté un taxi pour nous y conduire, en toute logique 2 minutes de taxi suffisent pour y aller ! Sauf que celui là a choisi de nous balader jusqu’à atteindre une jolie somme au compteur, il a fallu lui mettre la pression pour qu’il se décide afin à nous déposer. La légende dit : les thaïs sont tous gentils, comme dirait Norman : FAUX !!

Une fois débarquées à la gare routière, trouver un bus pour rejoindre Aranyaprathet est facile car plusieurs bus partent tous les jours vers la frontière cambodgienne. Sauf qu’on a eu droit au bus avec télévision et voir des films thaïlandais débiles, c’est pas drôle. Ça crie, on comprend rien, c’est idiot et en plus ça chante faux ! Vite mon iPod que je m’évade ! Moi j’ai eu de la chance, j’avais la BO de Drive pour me sortir de ce traquenard mais ma mère a subi les chants, enfin les cris thaïlandais !! Et quand la cassette est terminée, ne vous en faites pas, aucun souci, ils en ont plein d’autres aussi débiles !

Lorsqu’on arrive à Aranyaprathet, on vous dépose à la station de bus locale située à quelques kilomètres de la frontière. Il faut prendre un tuk-tuk pour la rejoindre. Jusque là pas de problème, le tuk-tuk nous a demandé un prix honnête. Sauf qu’il nous a déposé dans l’un des premiers traquenards à touristes : un faux poste frontière cambodgien qui délivre des visas à des prix 2 fois supérieurs à la normale !
J’avais lu la combine sur Internet, je ne suis pas débile, on a fait demi tour et on a poursuivi le chemin à pied. Les faux agents n’insistent pas longtemps, ils ont compris qu’ils ne nous auraient et ils s’en moquent leur faux poste frontière était déjà plein de touristes…

Sachez qu’avant d’obtenir votre visa cambodgien, il vous faut passer la frontière thaïlandaise et pas l’inverse. D’abord, faire tamponner votre passeport pour sortir de Thaïlande puis s’occuper de son entrée au Cambodge. C’est facile, il vous suffit de marcher le long de la route sur quelques mètres pour atteindre à pied le poste frontière.

Une fois votre sortie de Thaïlande effectuée, vous devez vous diriger vers une maison située sur le côté droit de la route où l’on délivre des visas cambodgiens. Vous devez remplir un document administratif traditionnel puis donner le tout à un agent cambodgien avec une photo format passeport. Et là, deuxième traquenard à la frontière d’Aranyaprathet-Poipet, l’agent cambodgien va vous demander un petit supplément. Le visa coûte 20$ et lui veut 20$ + 100 bahts, pour les obtenir il va vous sortir une série d’excuses du genre « Ça ira plus vite ! ». Vous refusez et payez uniquement les 20$, ça ne prendra pas plus de temps et après 3 minutes d’attente, vous obtiendrez votre visa cambodgien. L’agent fera la gueule mais 20$ c’est 20$, pas la peine de lui donner plus… Ça va dans sa poche à lui et gardez ces 100 bahts pour les dépenser dans des petits magazine qui aident vraiment les cambodgiens.

Arrive la 3ème arnaque à touriste, la navette gratuite qui vous transporte jusqu’à la station de bus cambodgien qui facture le trajet en bus plus cher que la normale. Celle là, nous n’avons pas pu l’éviter ! Un orage a éclaté au poste frontière de Poipet, un gros orage et soit nous prenions la navette, soit nous devions marcher le long de la route avec nos sacs sur un petit kilomètre pour essayer de trouver un taxi. Avec la pluie et les sacs, on a opté pour la navette !

D’ailleurs, ne vous fiez à personne à la frontière, vous risquez de croiser un petit jeune qui vous dira qu’il est un agent pour les touristes payé par le gouvernement et qu’il est là pour aider les touristes à éviter les entourloupes… C’est FAUX ! Il est payé par les entreprises qui gèrent les navettes et les bus de fois plus chers, son rôle : vous aider pour le visa cambodgien, obtenir votre confiance et vous mettre dans sa navette !!
Celle-ci, va vous amener dans cette fameuse station de bus où l’on vous demandera 9$ pour rejoindre Siem Reap. Vous n’aurez plus le choix, il vous faudra payer car aucun moyen de transport n’est possible une fois là-bas. Enfin si, vous pouvez prendre un taxi qui sera encore plus cher !!
Et encore, nous avons eu de la chance car le bus ne part que lorsqu’il est plein de touristes qui se font fait avoir ! Et nous sommes arrivées dans les derniers, le bus est donc parti rapidement vers sa destination : Siem Reap.

S’en suit la 4ème entourloupe, l’arrêt momentané du bus pour soit disant permettre aux voyageurs de se restaurer à 17h !!! Déjà, il ne s’arrête pas n’importe où, mais bien entendu dans un restaurant ami où pour chaque achat, une commission est reversée au chauffeur ! L’arrêt dure une éternité, tant et si bien qu’on repart lorsqu’il fait nuit !

Arrive la 5ème arnaque, il fait nuit, vous arrivez dans une sorte de dépôt de bus quelque part dans Siem Reap. Bien entendu, on vous dit que c’est la station routière… C’est FAUX !
Des dizaines de tuk-tuks vous attendent pour vous amener dans leurs guesthouses. Vous n’avez pas le choix, vous devez prendre leur tuk-tuk ou essayer d’en trouver un le long de la grande route ! Nous concernant, le tuk-tuk n’a pas demandé grand chose et on a affirmé avoir déjà réservé dans un hôtel. Donc il nous a amené dans cet hôtel… De toute façon, en Asie, il faut toujours prétendre avoir déjà booké sa nuit dans une guesthouse, sinon vous avez pas fini d’être baladé !

Après une journée de bus et de tuk-tuks ou de taxi, on a fini par arriver (de nuit) à Siem Reap. Je vous l’avais dit, pour passer la frontière Aranyaprathet-Poipet, il faut être patient !