Retour à Hanoi

Retour d’Halong Baie, il ne me restait que quelques jours, je n’avais pas envie de courir dans le nord du pays. J’ai préféré prendre mon temps et profiter de mes derniers jours dans la capitale.

IMG_1357J’ai rencontré pas mal de voyageurs dont le premier languedocien de mon voyage : Alex, un montpelliérain. Dans le lot, il y a aussi Kim, une française qui voyage depuis plus d’un an et d’autres européens arrivant d’Angleterre, du pays de Galles, du Danemark, d’Hollande, de Malte, d’Italie… Nous sommes un bon groupe de 10 backpackers et découvrons la ville et ses environs.

Les découvertes culinaires font parties de nos journées et nous avons testé des dizaines de restos et de food-courts. Y a tellement à déguster qu’on passerait sa journée à manger. On découvre aussi la vie nocturne du pays et ce fût encore plus simple après notre rencontre avec Antoine, un français vivant depuis tout petit à Hanoi et étudiant désormais à Montréal.

Nous avons aussi découvert le musée de la guerre. Encore un ! Il y en a un dans chaque ville du pays, rien de neuf là dedans… On y retrouve les mêmes objets et mêmes histoires sur les 2 guerres. Ça vaut le coup d’oeil, si vous n’avez pas encore eu votre dose de guerre !

mausolée de Hô Chi MinhCherchant toujours à comprendre l’engouement vietnamien autour du héros national : le président Hô-Chi-Minh, j’ai essayé de discuter avec des vietnamiens. Il faut savoir que le corps d’Hô-Chi-Minh est entreposé dans le mausolée qui lui est dédié. Et on peut visiter ce bâtiment et ainsi découvrir le corps (ou plutôt le cadavre) du président. Au départ, je ne voulais pas y aller, je trouvais l’idée morbide : aller voir le corps d’un mort ! quelle idée !
Mais mes discussions avec les vietnamiens m’ont poussé à y aller pour essayer de saisir cette folie.

Le mausolée, c’est un immense bâtiment en marbre surveillé par des dizaines de gardes, il abrite le corps embaumé d’Hô-Chi-Minh, appelé aussi l’oncle Hô. Ce dernier avait émis le souhait d’être incinéré mais le gouvernement a choisi de le préserver. Son corps est envoyé plusieurs fois par an en Russie afin d’y être (re)momifié.
Une fois sur place, on ne voit que quelques occidentaux, certainement aussi curieux que moi. Le reste des gens qui attendent sont des vietnamiens et des écoliers/collégiens, ils s’amassent sur des centaines de mètres et attendent leur droit d’entrée pour voir le corps du héros national. À l’intérieur, plusieurs règles doivent être appliqué : pas de photo, être correctement vêtu, pas de mains dans les poches ni de couvre-chef, interdit de parler et de s’arrêter pour observer le corps, il faut marcher tout le long.

À chaque fois que j’ai demandé à des vietnamiens si Hô-Chi-Minh était aussi important voir plus important que la religion, ils m’ont répondu que oui : le culte d’Hô-Chi-Minh était plus important que la pratique de leur religion. J’en conclue donc qu’au Vietnam, Hô-Chi-Minh est élevé à un rang plus important que dieu !
C’est fou ! Le gouvernement en a fait le héros de la libération du pays et utilise son image pour propager des idées (pas forcément les siennes). Son visage est partout : tasses, cartes postales, tee shirt, publicités, magazines, journaux, etc.
À l’auberge, j’ai mangé avec 3 jeunes vietnamiennes, venant fréquemment pour parler en anglais avec des voyageurs. Elles m’ont expliqué qu’à l’école, le culte d’Hô-Chi-Minh « faisait parti du programme ». Ainsi c’est obligatoire d’aller voir le corps.

La biographie d'Hô-Chi-MinhJ’ai investi dans la bio du héros national pour découvrir ses actes. Il était bien le leader des Vietcongs ayant lancé la libération et réunification du pays. Mais l’élever à un rang supérieur à dieu, me parait vraiment démesuré. En Indonésie et en Malaisie, la pratique de la religion était « indispensable », au Vietnam, on pratique le culte du président Hô-Chi-Minh.

Je pense que le gouvernement a utilisé et largement propagé son image pour contrôler le peuple. Si le président Hô-Chi-Minh voulait que les vietnamiens aient plein d’enfants alors il faut respecter son souhait… Bref une propagande basée sur l’image d’un héros national qui perdure plus de 30 ans après sa mort.

En même temps, il a l’image tout simple d’un homme s’étant battu pour ses convictions sur les peuples oppressés par le colonialisme et l’impérialisme. Ce qui lui est louable de ce que l’on sait de cette partie du passé.
Et il n’a pas, à priori, choisi d’emprisonner ou d’envoyer dans des camps de travail des vietnamiens réfractaires à la réunification ou au parti communiste vietnamien. Il ne l’a jamais fait car il est mort avant la réunification du pays et donc avant la chasse à la sorcière. L’aurait-il fait ? Rien ne peut nous laisser l’imaginer ! Il garde donc une image unique : celle d’un libérateur d’un peuple oppressé.

IMG_1355J’ai passé 20 jours au Vietnam et c’est insuffisant pour sortir des sentiers battus. Il faut plus de temps pour explorer ce vaste pays. Les transports en commun ne permette pas de découvrir les recoins reculés, il faut louer une moto pour cela. Pas de doute, il me faudra repasser au Vietnam.